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Les outils et médiations utilisés en thérapie psychomotrice

Présentation des axes de formation, du corps du thérapeute comme outil, et des techniques d'impressions et d'expressions en psychomotricité.

Illustration : outils et médiations en thérapie psychomotrice

Introduction

La formation de base en psychomotricité - trois ans à temps plein - amène le futur thérapeute à développer un ensemble de compétences professionnelles permettant d’accompagner des personnes dont le développement et/ou le fonctionnement psychomoteur devient à un moment donné un handicap personnel ou social. Ces perturbations peuvent porter sur les aspects corporels, moteurs, relationnels ou de la vie mentale et être corrélées ou pas à des atteintes portant sur la structure ou le fonctionnement organique ( neurologique, génétique…) et/ou psychologique ( relationnel, processus mentaux). Ce vaste champs d’intervention tient au concept même de la psychomotricité qui ne s’adresse pas «… à la motricité en tant que telle, mais à ce que la motricité représente, c’est-à-dire la personnalité en action »* *J. de Ajuriagurra, conférence du 15 mai 1965 à Genève

La formation des psychomotriciens est articulée autour de trois axes :

  • la formation théorique dispensée à la fois dans la filière et dans le cadre de la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de Genève : psychologie du développement et psychopathologie – physiologie – anatomie fonctionnelle, neuro-anatomie – sémiologie – processus sensorimoteur et psychomoteur et processus de maturation neuro développementale - développement psychoaffectif de l’enfance à l’adulte – etc

  • la formation pratique puisque pendant les trois années de formation les étudiants seront amenés à effectuer des stages auprès de populations diverses (du bébé en néonatologie, des enfants pré-scolaires et scolaires, des adolescents et adultes ainsi que des personnes âgées)

  • une formation expérientielle puisque pendant cette formation initiale il sera demandé aux étudiants de s’immerger profondément et intensément dans le monde de leur propre corps ; corps qui va être exploré, vécu, senti, représenté – autrement dit travaillé de multiples manières individuellement et dans la relation aux autres.

Le corps du psychomotricien : un outil en soi.

L’axe expérientiel de la formation vise à ces que les connaissances acquises soient intégrées et que le corps du professionnel devient en quelque sorte un outil en soi. Pour cela le thérapeute en psychomotricité est amené à maîtriser tous les canaux de la communication non verbale ; pour être ensuite compétent à les utiliser à travers de nombreuses médiations.

Ceux-ci sont : Le tonus – L’orientation du corps – La posture – la distance interpersonnelle (proxémie) – La mimique – Le regard – La respiration et la voix – La synchronie interactionnelle (rythmes relationnels) – Le contact corporel ( les touchers et auto-contacts) – La verbalisation (parole) – L’équilibre intime.

Ces données de la communication non verbale - avec leurs versants neurobiologiques et relationnels - sont travaillées dans la dimension personnelle, (intéroceptive et extéroceptive) dans la dimension du rapport au corps d’autrui - dans la dimension du rapport à l’environnement : des objets, du temps et de l’espace. Puis ils sont mis en rapports et en corrélation avec l’histoire, le vécu, les émotions, les souvenirs, les sensations…afin qu’ils deviennent des « outils conscients » c’est-à-dire, autant perçus qu’utilisés dans les rapports interpersonnels – thérapeutiques ou non – quel que soient les émotions qui traversent et éprouvent les corps en relation. (Émotion et mouvement ont la même étymologie)

La Thérapie Psychomotrice s’occupe d’abord de rencontrer le patient, d’écouter quelle est sa souffrance, ses besoins, sa demande. Les outils (nous ne parlons pas de méthodes) qui seront ensuite utilisés pour la thérapie, le seront d’abord en fonction du patient lui-même, de la demande, des étapes du traitement, du type de souffrance ou des problèmes rencontrés.

Nous différentions, en psychomotricité, deux grands domaines de techniques de médiation thérapeutique ;

1.- LES TECHNIQUES D’IMPRESSIONS :

Qui favorisent en priorité les capacités de réception et de conscientisation d’ordre perceptivo moteur, sensoriel et émotionnel ou qui sont liées au processus de mentalisation

Prise de conscience du corps : relaxations de divers styles : training autogène Schulz, Jacobson, Ajuriaguerra, Berges ; à induction fixes ou variables. Sophrologie, Psychotonie J. Dropsy. etc

Gymnastiques douces, Européennes : style Berthera, Mézières, Pilates, Eutonie, Feldenkrais, Orientales : style yoga, tai-chi, qui gong, etc. Anglo-saxonnes : Rolfing, streching, fibrothérapies.etc. Indiennes ou d’autres obédiences selon les expériences des thérapeutes.

Techniques de méditation : hypnose, pleine-conscience, rêve éveillé, etc

Travail dans l’eau : pataugeoire, bassin ou piscine.

Travail dans la nature : en forêts, montagnes, déserts…

Travail avec les Sens : les couleurs, les odeurs, les sons (bols chantants) ; les récepteurs sensoriels et oreille interne (kinesthésie, kinésiologie, intégration sensorielle, etc)

Les massages et emballements : énergétiques ou relaxants. Huile, pierres chaudes, Packing, Intégration Posturale, Trager, Shiatsu, etc…

2.- LES TECHNIQUES D’EXPRESSIONS :

Qui favorisent en priorité les capacités de communication avec autrui, de création et d’expression dans le travail tonico-émotionnel.

Jeux : Travail du jouer

Jeux symboliques : psychodramatiques, jeux de rôles, mime, marionnettes, expression corporelle, danse, danse-thérapie, cirque, etc

Jeux de règles : concentration, attention, partage, tours de rôles, etc

Jeux moteurs et sensorimoteurs : motricité globale et fine, manipulations, sports individuels ( ex : escalade, cheval) ou de groupe..(Psychocinétique Le Boulch…etc)

Techniques de Mouvements : énergétiques ou relaxants ; d’exercices ou créatifs : danse ou danses folkloriques, (différentes orientations selon les Pays et les Histoires personnelles du patient ou les expériences personnelles du thérapeute) Genre : danse-thérapie, Vittoz, Kinésiologie, brain gym,…etc

Techniques d’ancrage : mouvements, gestes et paroles : diverses manières d’ancrer le récit dans le corps. Par exemple : bioénergie, cri primal, Gestalt, somatic experience, tapotements type EFT ; balayage : oculaire, tactile ou sonore (type emdr/eprth) ; balancements, bercements ou marche alternée. PNL…etc

Utilisation d’objets dans l’espace et le temps : ballons, balles, bâtons, cordes, foulards, tissus, couvertures, coussins, blocs de construction, trampoline, hamac, jeux à roulettes…

Musique : voix, instruments rythmiques ou mélodiques en fonction de l’état du patient, de l’étape du traitement. Egalement des enregistrements (faits – créés - en cours de traitement ou préenregistrés)

Artistiques : Peinture, Dessin, photos, films, terre glaise : avec ou sans outils. Constructions, créations, bricolages….

Ecriture, libre ou dirigée. Graphomotricité. Motricité fine etc

Les thérapeutes en psychomotricité font un choix dans tout ou partie de ces médiations en fonction de leurs trajectoires professionnelles et des formations continues effectuées au cours de leur pratique. Sur la base d’un large éventail de techniques apprises en formation de base, ils les complèteront et les développeront au cours de leur pratique et en fonction des problématiques qu’ils seront amenés à rencontrer. Ils sont à même de les intégrer dans la maîtrise et l’expérience du canal relationnel tonico-émotionnel : celui grâce auquel, à partir de sa propre dynamique psychomotrice dont il a pris conscience dans son propre processus psychomoteur, le thérapeute pourra accompagner le patient soit dans son développement, soit dans les prises de conscience indispensables aux changements ou encore par le dénouement de conflits internes qui s’expriment dans le tonus du corps en relation.

Pour l’Association Suisse des Thérapeutes en Psychomotricité - astp

Anne Dupuis- de Charrière , le 15 janvier 2013